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 sujets ( richie - rozenn )

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-ˏˋ sun kissed ˊˎ -

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MessageSujet: sujets ( richie - rozenn )   Mar 8 Jan - 21:59


richie - rozenn


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richie : trent - mads - neil - tobiah
rozenn : tahir - margo - colin - jules - blodwyn - logan


Dernière édition par rambo le Dim 13 Jan - 15:53, édité 2 fois
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-ˏˋ sun kissed ˊˎ -

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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Mar 8 Jan - 22:01

post 01:
 

post 02:
 


( fuck him till you make it. )
Que l'après-midi devient alléchante.
Jeux de langues, jeux d'innocence trompeuse. Tu prends ce qu'il y a de bien et tu y ajoutes ta rancœur acide. Ce n'est pas la douceur des choses qui t'attendrit, toi ; tu préfères quand les routes sont fissurées, le goudron qui s'arrache du sol comme s'il voulait rejoindre le ciel. Tu préfères les plages de sables fins et la canette de coca délaissée au coin des fougères, par un couple de jeunes énamourés, étourdis par leurs propres effluves. Ce n'est pas le feu qui t'agite, mais la brise de vent frais délicate, discrète, mais juste assez froide pour pouvoir vous déranger sans pouvoir vous en protéger réellement. Tu ne viens pas avec un warning sur le torse, tu te glisses comme la brise, le long des portes, contre les cœurs, autour des cous et tu souffles. Tu susurres ton venin que tu camoufles de pétales aux senteurs exquises. Tu te pares de ton regard de bronze et tu assassines.
Tu t’assassines toi-même, réellement.
Meurtrier du meurtrier.
Coupable, c'est certain,
de nombreux cœurs brisés ; mais jamais intentionnel, jamais volontairement.
Et tu mens,
tu mens comme un voleur,
comme quelqu'un qui n'a rien.
Tu agis comme si tu n'avais jamais rien appris, jamais rien compris de toutes les leçons assénées à coup de vie. Comme si les Pfeiffer n'avaient jamais existé, comme si tu ne vivais pas dans une maison plus grande que Manhattan, comme si t'étais toujours le mioche coincé entre les quatre murs brisés d'un orphelinat pathétique. Comme un immortel qui aurait perdu le chemin de l'Olympe.

Et tu glisses tes prunelles perfides dans un regard qui ne semble pas égaler tes vices ; et tu ne regrettes rien. Ne regrettes pas aucune de tes actions, dans le passé qui advient ou le future qui disparaît.
Et t'es le paradoxe, l'appât, le début d'une tragédie mal écrite, de mauvais goût, mais tout cela dissimulé par une apparence mielleuse et des mèches folles. Une couronne de bronze, couleur aube qui rappelle aux yeux indiscrets, des chairs chaudes couvées par le soir et des doigts qui se mêlent et ébouriffent, fous.
Et tu es fou,
rendu fou par l'ennui, la monotonie d'une vie tranquille,
trop facile. Mais tu restes fou, de vouloir le pire, de chercher l'erreur, toujours courir vers la dérive, courir là où les pièges se font plus aiguisés.
Mais comme tu es fou, tu y plonges. Dans le vide, l'incertain, parce que tu préfères contrôler l'indécis, le futur qui t'a trop joué de tour dans le passé.
Et tu ne suis ni rien, ni personne, mais tu l'accompagnes, lui. Tu gardes un air confiant et assuré, mais tu doutes quelques instants. T'es quand même venu pour être posé ici et tu t'apprêtes à taper causette avec un quelconque inconnu, parce qu'il a osé prendre la dernière part de tarte. Tu hésites entre chaque gloussement artificiel, mais te soumets à la direction que prend ton après-midi. Pourquoi pas.

Tout d'abord, tu le laisses faire. L'observes s'asseoir, observes le doute qui pousse sur ses traits juvéniles, observes l'azur méfiant. L'observes se brûler, comme Icare.
Puis reprends ton sourire qui s'était amincie et t'assoies. Poses une main sur celle qui tire le trésor si loin, si loin de toi. Comme s'il avait deviné que les myrtilles qui ornaient la tarte avaient plus de valeur à tes yeux que lui. C'était vrai. Au départ.
"Richie."
Et les jaspes qui elles ornent ton visage, cette fois, se posent enfin sur le jeu de langue que joue Trent. Tes sourcils se froncent piqués de curiosité devant l'aguicheur inconscient qui te fait face. Et peut-être que tu voudrais lui fermer la bouche sur sa langue, que ses dents mordent le muscle corrompu. Tu ne peux pas t'en empêcher.
"On ne joue pas avec la nourriture, Trent."
Ta main se retire sans suggestion implicite ou démonstration d'intérêt particulier. Elle rejoint sa sœur pour enlacer le cappuccino à moitié désiré et le guider jusqu'à tes lèvres amusées. "Je me rappelle plus exactement, mais c'est pas grave, on trouvera bien à un moment."

"A moins que peut-être, je te dérange ? Tu attendais quelqu'un ? Vu la patiente que tu démontrais, j'en avais pas l'impression, mais je peux me tromper..."




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-ˏˋ sun kissed ˊˎ -

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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Mar 8 Jan - 22:02


( nightvision. )

La lune brûle ce soir. Comme les étoiles qui roulent sur les routes, tu frétilles sous les phares des feux rouges. Tu te serais bien retrouvé dans un club, parce que ton jean délavé se serre trop à ces corps malvenus, alors autant se frotter dans un endroit plus adéquat. Mais tu peux pas. Tu peux pas quitter tes collègues, tu peux pas quitter la table et ta bière qui loge-là. Pourtant, c'est pas ton genre, mais ce soir, t'es là. T'es là. T'attends ; le changement de direction du vent, que ta bière devienne vodka, que ton ennui se transforme en joie éphémère d'un bourré sans embarras. Les néons offensants aux tons de nuit t'aveuglent, mais tu préfères ça à voir les visages des menteurs de Windmont Bay. Toi-même, petit hypocrite. L'alcool au degré trop faible tourne dans le verre au rythme des discussions, et même si tu les entends, tu as du mal à les tenir.
Tu rentrerais presque chez toi, petit ingrat.
Car ils ne sont pas tous inintéressants, tu pourrais t'intéresser à Claude, à sa passion pour la broderie et tous ses types de points, tu pourrais écouter Peter, le mari d'une autre, te parler des avions, des nuages et de ses clients. Mais à ce moment-là, tu t'en fous. Tu pourrais même boire à perdre conscience, juste pour t'occuper, mais... Tu vas t'isoler dehors. La clope retrouve tes lèvres comme une caresse réconfortante et t'inspires l'air du monde dans tes poumons. Ça fait comme un chewing-gum à la menthe dans ta gorge. La cigarette te suit dans ta vie, aussi ancienne que ton adoption. Déjà treize ans, tu sais à peine compter sur tes doigts, mais enfant idiot ne perd pas de temps à mimer les grands. Tu crapotes comme un novice, tu taxes, puis tu payes. Depuis, c'est comme un journal intime que t'as traîné toute ta vie. Elles te rappellent tout, te font oublier le présent en t'embaumant de leur odeur viscérale de béton cancérigène. Tu t'en fous, t'as pas peur de la mort, toi. Ça te dérange pas de monter au ciel, t'as pas peur du vide.
T'observes la foule qui se traîne à l'extérieur du bar, fumeurs, non-fumeurs, perdus. Tu cherches des visages familiers, puis tu te rappelles qu'y a pas grand monde que t'aimes bien dans cette ville. Tu ris, surpris, de la banalité de l'affirmation. C'est pas comme-ci, tu venais de débarquer, mais, tout le monde est si -mignon? Tu sais bien que malgré tout, tu te fonds comme à ta place dans la population de Windmont Bay. Parce que si y en a un de soigner et propre sur lui, c'est bien toi. Tu te sens comme une tâche dans le tableau, alors que t'en est l'un des protagonistes. Pas dans un sens où tu aurais quelconque rôle dans la vie de la ville, mais plutôt en étant un personnage intégré et fondu parfaitement dans l'huile qui surplombe la toile. Tu te sens comme le Dada dans de la peinture académique. Mais personne ne représente mieux l'enfant sage que toi, du moins, en apparence.
En avoir conscience te donne des haut-le-cœur insupportables.
Abandonnant ta cigarette à la fin maussade, tu te diriges vers le bar au fond de l'établissement pour te servir à nouveau d'une bière au goût de miel. Soyons fous et tu oseras peut-être faire monter les degrés. Quelle sensation indescriptible que de sentir la rigidité de la carte de crédit sur tes doigts. Ça fait parti des choses qui te rendent fou, de savoir que t'as la richesse à portée de main, que tu pourrais te payer la lune, jusqu'à même racheter le Windmont Bay Bulletin. Tu pourrais te payer ton patron et lui faire te servir des cafés toutes les dix minutes, alors même que t'en bois pas.
Malheureusement, tu ne le sais que trop bien de l'avoir autant expérimenté ; l'argent n'est qu'un vice vide qui ne remplit le temps que de façon éphémère.
Ce qui t'occupe toi.
C'est de jouer avec les gens, en leur faisant perdre leur temps.

C'est lui. C'est avec lui, que tu vas jouer ce soir. Tes vilaines iris d'aspe, se posent innocentes sur la tête brune d'un inconscient. L'aurait jamais dû se poser là, le grand et beau garçon. Il aurait dû se douter que tu allai passer par-là, menace silencieuse. Tu souris comme un menteur. Tu t'approches, prédateur.
"Salut."
"T'es perdu ? T'attends quelqu'un ? Ou t'es juste seul ?"

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-ˏˋ sun kissed ˊˎ -

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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Mar 8 Jan - 22:03

( i got a secret
but my lips are sealed. )
Elle aurait voulu rester enfant. Elle aurait voulu déjà être indépendante. Elle aurait voulu conquérir le monde de ses rêves et ses idées. Sur chaque copie qu'elle avait rendu, sur chaque exercice fait et refait, elle avait tracé son futur, son histoire. Elle y avait laissé des indices. Elle y croyait si fort, alors comment - comment avait-elle pu dériver autant ? Comme un cheval qui dérape en prenant une courbe trop serrée, comme un patineur dont la lame glisse et file sur la glace, comme une formule 1 qui roule et s'écrase de vitesse contre les remparts qui l'entourent. Piégée, elle est désormais. Elle s'imagine les pieds et mains liés, seule, muette dans un trou si profond que la lumière au bout n'apparaît qu'en une faible tâche moqueuse ; parfois, elle croit y apercevoir, l’œil infâme de sa mère.
Elle n'est ni grande, ni enfant. Elle est dans l'entredeux où le contrôle ne connaît plus de limites et où la liberté se fait timide.
Ça lui apprendra, à tomber amoureuse.
Plus aussi naïve, Paddy a bien compris que ce n'est pas le tintement des verres, le chiffon à l'odeur humide et âcre qui la fera voyager. Elle a un boulet à la forme de ses vices qui l'empêche de déployer ses ailes. Elle quitterait Édimbourg, si elle le pouvait. Elle battrait des ailes comme un oiseau fou et disparaîtrait dans le blanc laiteux des nuages. Elle disparaîtrait.
Mais avant, bien sûr. Elle irait retrouver son enfant. Elle le prendrait, tout doucement, dans le creux de ses bras, qui fourmillent du manque de ce tendre enfant. Ses lèvres, délicatement, viendraient frôler le front de ce nouveau-né. Elle lui soupirerait tous les mots d'amour qu'elle n'a pas pu lui donner. Delà, niché dans ses bras, elle pourrait enfin prendre le départ.
Mais bloquée dans l'hiver impitoyable de l’Écosse, le poids de la réalité la ramène vite sur terre. Les plumes du rêve retombent du ciel pour s'étendre sur la neige des trottoirs, piétinées enfin, par les passants pressés. Elle en a la bile qui remonte.
Peu importe. Elle tente d'oublier. Secoue de ses mèches brunes, les flocons de ses illusions et entre dans un de ses endroits préférés. La librairie. Car c'est toujours dans les livres qu'elle a appris à retrouver du confort. Par leurs mots, la texture du papier, l'odeur des bois qui ressort des pages imprimées.
Rozenn se laisse glisser le long des étagères, se sentant proie des regards absents. Elle craint toujours d'être retrouvée, d'être reconnue par un ancien camarade ou un professeur de son lycée. Elle craint leur curiosité et leurs questions. Elle craint la pitié, les regards jaugeurs, le dédain. Devenue presque paranoïaque, Paddy a peur qu'on la dénonce à sa mère, qu'on lui reproche d'aller perdre son temps à lire, alors qu'elle devrait travailler pour soutenir le foyer qu'elle a détruit. Elle imagine déjà, les bras croisés, les lèvres tournées dans un rictus désapprobateur et ces yeux qui la toisent... Elle ne pourrait-

Secouée par la surprise, Rozenn lâche le livre qu'elle tenait dans ses mains ; elles-mêmes tremblant faiblement de tous ces maux qui se bousculent sans trêve dans sa tête. Elle se hâte de récupérer l'objet tombé et retourne son regard gêné sur le libraire. Elle le reconnaît, bien sûr. Elle n'a jamais osé lui échapper que des phrases de politesse à chacune de ses venues, trop embêtée, trop timide. Mais voilà, qu'à lui son tour, de déposer un regard sur elle, alors même qu'elle faisait tout pour être la plus discrète possible. L'ignorer serait indélicat et n'arrangerait rien, n'éviterait rien. "..." Rozenn butte sur les mots, les lèvres entrouvertes sans qu'aucun son distinct n'en sorte vraiment. " Ça va. Je- " Son regard se déplace frénétiquement alors qu'elle continue de chercher ses mots. Devrait-elle mentir ? Le sait-il ? Elle le connaît peu, mais il ne semble pas avoir un mauvais fond... "Oui, c'est vrai. J'ai été absente..." Confirme-t-elle, mais dans son ton, on croirait qu'elle venait tout juste de s'en rappeler.
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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Mar 8 Jan - 22:03

post 01:
 

( clear waters in a troubled river. )
Cette proximité qui naît d'un coup parce qu'elles ont toutes les deux perdu leur père est bien superficielle encore. C'était il y a longtemps, lui dit Margo. Elle s'offusque, ça ne pardonne pas, ça ne change rien. Papa, aussi, est parti depuis longtemps et il arrive à Rozenn d'oublier des jours où ils n'étaient pas que deux et quelques fantômes dans la maison O'leary. Elle oublie qu'il y a un temps où elle ne détestait pas sa mère, où elle avait un avenir et des rêves qui n'étaient pas synonymes de fuites et de départs. Et quand cela arrive, c'est une vague de culpabilité qui vient lui prendre la gorge et qui remonte le long de ses yeux pour s'échouer le long de ses joues. Et ces rivières lui rappellent qu'autrefois, ils n'étaient pas juste deux et des fantômes et qu'elle n'a pas toujours voulu fuir ; qu'elle désirait même s'enraciner dans l'hiver écossais, fondre dans le moule, comme la fille parfaite qu'elle aurait dû devenir.

Et bien qu'elles travaillent ensemble, Rozenn ne s'est jamais questionnée sur la vie qui entourait Margo. Bien sûr, elle connaissait les McAlistair, avait déjà croisé son visage doux dans les rues d'Edimbourg, mais ça s'arrêtait là. Elle n'avait pas été curieuse, ni intéressée. Prise par un bébé inattendu, une mère transformée en harpie logée sur ses épaules et un ex qu'elle fuyait comme la peste. Du moins, plus maintenant ; les fuites et esquives incessantes de la jeune fille avaient finalement réussi à le décourager. Bien évidemment, cela n'avait rien arrangé.

Son regard tombe par terre, là où elle se tenait il y a quelques secondes. "Mon père aussi est mort." Confesse-t-elle. Elle ne va pas pleurer, ses mains ne trembleront pas, la morve ne lui coulera pas du nez, reniflant sur un fait qu'elle digère toujours aussi difficilement. "C'était y a trois ans." Continue-t-elle, un peu plus fort, un ton amer. "Au moins, il n'aura pas à voir ce que je suis devenue-" Elle hausse les épaules, laisse son aveu peser dans l'air, voilà, elle aussi à ses lourds secrets, ses regrets qu'elle cache au monde, qu'on ignore. Peut-être, qu'elles se ressemblent- Elle voudrait lui demander la nature de ces papiers, pourquoi elle les blottit contre elle comme si ils pourraient résoudre tous ses malheurs. Elle se tait, reste muette, car elle ne peut prévoir la réaction de sa collègue ni ne sait si elle supportera elle-même la réponse. En étant curieuse et posant des questions, elle se risque à rajouter une histoire de plus à son sac de traumas déjà bien remplis.

Et elle se demande quand est-ce que tout cela cesse.
Elle se demande quand est-ce que ça s'arrête.
Cette souffrance qui n'a pas de sens, pas de limite ; elle, qui ne veut rien dire. Elle lève les yeux au ciel, dessine à nouveau la trajectoire des feuilles qui s'étaient échappées, il y a quelques instants. Elle ne se permet pas de croire, ne se permet pas de penser qu'il y a peut-être une réponse là-haut. Ça aussi, ça ne veut rien dire. Le ciel n'apporte que la pluie ou laisse le soleil transparaître à travers les nuages.
Pas de réponse, pas de solutions pour les pécheurs.
Et pourtant. Sa mère, lui colle toujours avec effervescence et brutalité les mains l'une contre l'autre avant chaque repas pour le bénédicité. Elle voudrait lui dire que ça ne sert à rien, que ça ne la sauvera pas. Le bébé est né, Papa est parti, je ne te pardonnerai jamais. Et elle se lèverait, grande et lui rirait au visage, vilaine.

Mais pour l'instant, elle tient ses mains jointes, laissent les mots résonner dans sa tête, se laisse espérer ; pourquoi pas.


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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Mar 8 Jan - 22:04

( through the blinds. )
Parfois, elle se demande si elle n'avait pas toujours su ce qui se cachait vraiment derrière la chaleur mesurée de sa mère. Quand elle était enfant, elle ne comprenait pas, n'en avait pas vraiment conscience, même plus grande, et même jusqu'à maintenant, Rozenn s'était bercée de déni face à cette nouvelle femme qui se présentait à elle.
Alors quand le crépitement des non-dits résonnait trop fort entre les murs qui les cloisonnaient toutes les deux, les joues s'empourpraient vite, les gestes se faisaient grands dans une chorégraphie qui traduisait l'amour brisé qui avait élu domicile dans cette maison.
Mais Rozenn, bien qu'elle ne pouvait éprouver plus de haine pour sa génitrice, rencontrait toujours le mur de l'obéissance, de la hiérarchie parentale qui l'empêchait de hurler trop fort, d'exprimer à quel point sa mère pouvait la répugner. Elle peinait à lui dire qu'elle allait partir, qu'elle se sauverait, retrouverait son enfant et que son père aurait dû vivre- Non. Elle ne peut se résoudre à lui dire ces mots qui lui tranchaient la gorge.
Alors,
elle ravalait sa haine,
qui continuait de la ronger en silence, qui logeait dans sa gorge, impatiente et meurtrière.

Et elle partait. Quittait cette maison qui avait été son berceau, qu'elle croyait incapable de se dépourvoir de chaleur, qu'elle avait cru intouchable. Un refuge affecté ni par le temps ni par les mots, ni par les départs ou les arrivées. Une zone intemporelle où elle pourrait toujours venir s'y délaisser, se recueillir loin des injustices et petits malheurs qui moulent une vie. Mais c'est de là qu'elle s'enfuit aujourd'hui ; à la poursuite d'un autre refuge, plus doux et tout aussi familier.

Le trajet est long, mais la brise qui lui écorche le visage lui décoince les mots noués dans son estomac et lui permet enfin de respirer. Elle se verrait bien fumer, un jour. Pour retrouver cette sensation, de la fumée qui emporte avec elle, l'anxiété qui la bouffe à chaque seconde des minutes qui font ses heures du jour. C'est pas comme-ci elle avait un bébé à nourrir. Du moins, elle ne l'a plus.
Soudainement convaincue, prise d'envie de commencer maintenant à s'intoxiquer, charmée à l'idée de l'auto-destruction que promet une cigarette, elle est tentée d'en demander une, mais sachant qui elle allait rejoindre, elle se ravise vite.
Surtout qu'elle est déjà arrivée.
La porte lui paraît impressionnante, mais comme le sont beaucoup de choses quand on est si petite, si menue. Et bien qu'imposante, elle est rassurante et Rozenn ne redoute pas d'y sonner. Et Colin apparaît, lui aussi, de toute sa grandeur vertigineuse, mais Rozenn se sent déjà mieux, la colère de tout à l'heure qui finit de s'évaporer sur le palier.
Elle échappe un sourire. La mention de sa mère, une fois entourée par ces murs et prononcée par Colin, ne l'effraie plus autant et lui paraît même ridicule. Le dragon. Oui, sûrement. Elle secoue la tête, elle en rirait, dépitée par sa situation. "Oui... Non, j'y étais aussi pour quelques choses cette fois-" Elle avoue, le sourire qui s'efface même devant la légèreté du ton. Assise enfin, elle laisse son regard naviguer autour d'elle, essaye de se retrouver dans cette maison dont elle ne fait pas parti, entre ses murs qu'elle s'approprie le temps d'une demi-journée, cette cuisine familière tout en étant inconnue, Colin. Son regard se pose sur une bouteille d'alcool près de l'évier, sans vraiment y faire plus attention, puis retourne sur ses mains, remonte vers Colin. "J'ai surtout l'impression que maintenant, il n'y a plus vraiment de raisons, c'est soit le silence... Soit l'explosion." Elle finit par ajouter, levant les épaules au ciel, comme-ci elle y était devenue indifférente, comme-ci elle avait accepter sa situation. "J'envie ce calme ici."   


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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Mar 8 Jan - 22:16

( wired. )
Hurlement muet, plaintes meurtries d'une fille qui ne se reconnaît plus. Il fait froid dans l'inquiet inconnu. Souffle court, cœur qui se rue dans sa poitrine ; sa gorge est serrée, mais cela n'empêchera pas Paddy de se tordre sur un sceau qui attend, comme prévenu, sur le côté de son lit. Le monde tourne, serait-elle sur un manège? Dans un songe? Est-ce sa chambre? Elle n'y ressemble en rien. Une odeur âcre lui brûle les narines, les larmes lui brûlent les yeux. Mains agrippées aux draps suants, les jointures blanches, le cœur qui tente toujours de s'arracher de sa poitrine. Ces draps qui s'entourent le long de ses poignets pour la repousser contre le matelas, ses paupières qui retombent lourdes dans sa chute.

A chaque fois qu'elle reprend conscience, c'est un voile blanc qui disparaît dans un flash aveuglant qui l'accueille. Elle est toujours seule, parfois dans les mêmes draps, d'autres fois, ils changent, mais toujours seule. Seule.

La fièvre est la seule qui reste, la cajole, front contre poitrine, position fœtale. Elle la chérie comme elle ne le sera plus jamais. Et peut-être comme elle ne la jamais été. La fièvre qui la console, réchauffe le froid qui s'est immiscé dans la plante de ses pieds.
 
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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Dim 13 Jan - 13:54

post 01:
 


( sweet liars )
in my dreams you are delightfully suspicious of my words. you believe not in the flowers in which i color them but instead in my hand grabbing yours back and i believe in how although i never really smile you still know when i'm happy. at night we run around and you never let me chase boys but instead, somewhat, ourselves... you tell me we cannot have all the answers i say "i know but" in the dramatic way i do and you stop me and say "although we are old souls, we are still inevitably young." i smile and run outside to see the full moon and you smile, watching me from the window.

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( la matriochka )

( sometimes, your silence is louder ) : boop
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MessageSujet: Re: sujets ( richie - rozenn )   Mar 15 Jan - 22:49

( stripped bare on our lovemade floor. )
in my dreams you are delightfully suspicious of my words. you believe not in the flowers in which i color them but instead in my hand grabbing yours back and i believe in how although i never really smile you still know when i'm happy. at night we run around and you never let me chase boys but instead, somewhat, ourselves... you tell me we cannot have all the answers i say "i know but" in the dramatic way i do and you stop me and say "although we are old souls, we are still inevitably young." i smile and run outside to see the full moon and you smile, watching me from the window.
 


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